Magie du Chaos 

La Magie du Chaos peut être envisagée comme une technique de hacking mental dont il existe plusieurs alternatives allant de la méditation jusqu'à la Magie du Chaos en passant par la méthode Coué, le conditionnement opérant et la psychanalyse pour ne citer que celles-ci puisque connues au moins de nom par le grand public.


Introduction

  • Définitions
  • Concepts
  • Techniques

Chapitre 1 : Psychologie et Magie du Chaos

  • Connaissance de soi
  • Croyances
  • Inconscient - Énergie

Chapitre 2 : Les outils de la magie du chaos

  • Sigils : création et utilisation
  • Visualisation et méditation
  • Usages courants

Chapitre 3 : La pratique de la magie du chaos

  • Rituels
  • Objectifs
  • Risques

Chapitre 4 : La magie du chaos dans les différentes cultures

  • La magie du chaos parmi les traditions magiques
  • La magie du chaos parmi les cultures contemporaines
  • Cultures en ligne

 

Mage du Chaos

 

Introduction

Vous avez dit, "magie" ?

La magie est un Art. Celui-ci se fonde sur un paradigme doublement spirituel et intellectuel qui postule la présence, dans la nature, de forces immanentes ou énergies qui peuvent être utilisées pour produire, au moyen de formules rituelles, d'actions symboliques méthodiquement réglées pour agir sur la pensée et la volonté, des effets réels pouvant, parfois, paraître surnaturels et irrationnels à l'entendement du commun.

La Magie du Chaos est une forme de magie contemporaine qui s'est développée et diffusée dans les années 1970 dans les pays de culture anglo-saxonne, les ouvrages qui traitent de magie du chaos étant le plus souvent écrits par des auteurs de langue anglaise. La magie du chaos est souvent associée à un courant de pensée qui met l'accent sur l'individualité et la liberté personnelle dans la pratique magique. Elle se donne comme une forme de magie subjective, car elle se concentre sur l'expérience personnelle et sur la capacité de l'individu à influencer sa propre réalité, voire le réel, tel que souhaité par le magiste. (voir : "Le Chemin du Chaos")

 

clefLa Magie du Chaos peut être envisagée comme une technique de hacking mental dont il existe plusieurs alternatives allant de la méditation jusqu'à la Magie du Chaos en passant par la méthode Coué, le conditionnement opérant et la psychanalyse pour ne citer que celles-ci puisque connues au moins de nom par le grand public. Pour autant que la magie antique et médiévale se donnaient le plus souvent pour objectif de convoquer des forces divines devenues - durant la "Renaissance" - démoniaques dans le point de vue du praticien de l' « Ars Magna » (et des moines dominicains !), les rituels très cérémoniels courants durant les temps modernes ont été mis au placard par le saut qualitatif opéré tout au long du XXᵉ siècle, les dieux et les démons étant désormais tenus pour des fantasmes datés et ringards.

Cette obsolescence fortement liée à la dépréciation du religieux n'en a pas pour autant découragé Austin Osman Spare, artiste peintre de son état, sujet de sa très gracieuse majesté la Reine Victoria, à explorer l'art magique. Inspiré par le renouveau du paganisme celtique et la révolution psychanalytique freudienne, il développa une technique fondée sur la déconstruction de la réalité ordinaire dont les développements aboutiront à l'émergence de la « Magie du Chaos », terme pour la toute première fois apparu dans les écrits de Peter Carroll (Liber Null and The Psychonaut, 1978), Anglais lui aussi, et mage, s'il en fut.

L'inconscient est le réservoir de forces magiques susceptibles de tordre la réalité jusqu'à peut-être, maybe, mожет быть, affecter le réel.

 

Présentation - Origines

C’est dans le contexte libertaire des années 1970 que des magistes expérimentaux ont formé un collectif pour explorer de nouvelles formes de pratiques, diversement influencés par des concepts issus de la psychologie, la science-fiction, la philosophie, la psychanalyse et bien entendu de traditions magiques anciennes et provenant de cultures diverses, sources d’inspiration à partir desquelles ils ont conçu des techniques de changement de réalité par la manipulation de l’inconscient, des croyances et du potentiel lié à l’« intention ».

Souvent considérée comme une forme de magie éclectique, car elle emprunte des éléments de différentes traditions magiques, les magiciens du chaos les utilisent de manière subjective pour atteindre des objectifs personnels. Elle est également considérée comme une magie expérimentale, car elle encourage les praticiens à explorer de nouvelles approches et à expérimenter différentes techniques pour influencer la réalité. 

Auteurs remarquables

  • Austin Osman Spare (1886 - 1956) : Considéré comme l’un des fondateurs de la magie du chaos, il a écrit de nombreux livres sur la théorie et la pratique de la magie du chaos, tels que « The Book of Pleasure » et « The Focus of Life ». 

  • Peter J. Carroll : Il est considéré comme l'un des principaux théoriciens de la magie du chaos, il est l'auteur de "Liber Nul & Psychotât" AMD "Liber Naos" qui ont été des incontournables de la magie du chaos. 

  • Ray Sherwin : Il est l'un des fondateurs de l'Ordre de l’Agapè et de la Société pour la Magie du Chaos. Il a écrit "The Book of Recuits" et "The Theater of Magies" 

  • Alan Moore : Il est un auteur de bande dessinée et un magicien chaotique auteur de « Promethea », œuvre fictionnelle qui explore les concepts de magie chaotique et de gnose. 

  • Phil Hine avec « Condensed Chaos » et « Oven Ready Chaos » (Chaos prêt à cuire)

Magie du Chaos

Concepts de base de la magie du chaos 

  • Individualité : le praticien est encouragé à expérimenter et trouver sa propre voie dans la pratique magique et à explorer différentes techniques pour trouver ce qui fonctionne le mieux.
  • Croyance : la magie du chaos valorise les croyances et leur utilisation comme outils opérationnels, le fait d’en changer si nécessaire, en ce qu’elles ne sont que des moyens. La croyance en Batman comme héros justicier n’est pas indispensable ; l'énergie désirante déployée par les lecteurs de ses aventures est suffisante pour s’en servir.
  • Énergie : la magie du chaos utilise l'énergie pour influencer la réalité. Les praticiens sont encouragés à explorer différentes techniques permettant de capter et utiliser cette énergie, comme la visualisation, la méditation, la focalisation sur un symbole emblématique pour l'accumuler et la projeter.
  • Intention : l'intention est un déclencheur de processus magique considéré comme un élément clef car il dépend d’elle de donner une direction à l'énergie en vue de produire un changement dans la réalité.
  • Olivion : l'oubli est un concept central en magie du chaos. L'énergie et l'intention envoyées dans l’inconscient, concentrées dans un sigil, continuent d’agir d’autant plus efficacement que l’intention et le désir ne sont pas altérés par l’incertitude ni le doute quant à la concrétisation de l’objectif visé.
  • Expérimentation : les praticiens sont encouragés à l’ouverture d'esprit pour être prêts à essayer de nouvelles choses en vue de progresser en efficacité.
  • Responsabilité : la magie du chaos met l'accent sur la responsabilité personnelle. Les praticiens sont encouragés à assumer les conséquences de leurs choix. 

 

Les techniques utilisées dans la pratique de la magie du chaos 

  • Sigils : expression d’un désir puissant condensé dans un cryptogramme. Il s'agit de figures créées selon différents procédés mais plus particulièrement la manipulation des lettres constitutives de la formulation du désir rédigée en lettres capitales pour produire un tracé obscur et très personnel nommé « sigil » (sceau).
  • Visualisation, consistant à se concentrer sur une image mentale représentant la réalisation de l’objectif pour envoyer de l'énergie vers celui-ci, influencer son état d'esprit jusqu’à ressentir des émotions et éprouver des sentiments provoqués par l’accomplissement de ce qui est voulu, souhaité, désiré. 
  • Méditation : cette technique consiste à renforcer l'énergie de l'intention focalisée sur l’objectif en vue de potentialiser l’atteinte de celui-ci.
  • Rituels : les rituels sont des pratiques formelles utilisées pour conditionner l’état d’esprit requis par l’opération magique, le but étant l'intensification de la puissance symbolique des gestes et des invocations dont la complétion selon un protocole plus ou moins strict contribue à l’agrégation de l’énergie à transférer.
  • Gnose, ou état de conscience modifié, comparable à la transe, permettant de se connecter à l'inconscient vers lequel la puissance de l’intention doit être transférée.
  • Psychonautique, ou exploration consciente de l'esprit. Les praticiens peuvent utiliser différentes techniques pour explorer l'esprit, telles que la méditation, les psychotropes, les rêves lucides, toutes choses de nature à stimuler l’introspection.

 

Chapitre 1 : psychologie de la magie du chaos

Importance de la connaissance de soi 

hermiteLa connaissance de soi est un élément essentiel à la pratique de la magie du chaos, car elle est fondée sur l'utilisation d’une instance psychique fondamentale : l'inconscient. Or, les mécanismes qui régissent le fonctionnement de ce « topos » du psychisme ne sont pas complètement connus ; il est donc profitable de s’informer à propos de cette notion notamment par la lecture des écrits de Sigmund Freud pour se familiariser avec la psychodynamique et comprendre les conséquences possibles d’un travail visant à influencer cet inconscient.

Pratiquer la magie du chaos ne requiert - en principe - aucun rituel particulier. Il est donc bienvenu de réfléchir suffisamment pour savoir ce que l'on veut, authentiquement, en vue de l’accomplir sans risque. La connaissance de soi peut se donner comme une fin en soi ; « Connais-toi toi-même. ». La pratique de la magie en général, de la magie du chaos en particulier, est une alternative à l’atteinte de cet objectif, de sorte que la connaissance de soi puisse en retour devenir un facteur propice à l’efficacité et la précision nécessaires pour éviter des d’erreurs susceptibles de nuire à l’équilibre psychique.

Croyances et convictions 

Les croyances et les convictions en magie du chaos varient considérablement d'un individu à l'autre, mais il y a quelques principes de base communs à tous.

  • Les praticiens croient que l'univers est en constante évolution, que rien n'est figé, en perpétuel mouvement ; ils entendent donc s'adapter à cette fluidité en mobilisant leur énergie psychique pour orienter les événements.
  • La réalité est subjective. Il est possible de la modifier en utilisant sa propre volonté. Tout est relié, les actions d’un seul ayant un impact certain sur le monde entier.
  • Les symboles, les rituels et les invocations stimulent l’intention et concentrent l’énergie captée par elle, bien que ces artefacts ne soient au final que des accessoires n'ayant aucun caractère indispensable.

Manipulation de l'inconscient et de l'énergie

L’instrumentalisation de l'inconscient est un aspect central de la pratique. Les praticiens tiennent cette instance psychique pour la cible privilégiée dont la manipulation produira les modifications de la réalité, partant, les adaptations au réel en tant que réservoir de probabilités, parmi lesquelles celle dont le magiste entend favoriser l’actualisation.

La méditation est un viatique pour examiner la nature et la valeur de ses propres croyances, peurs et désirs inconscients et pouvoir en tenir compte dans le travail à accomplir. La verbalisation de ce qui est attendu s’appuie sur cette connaissance de soi acquise par l’introspection, ce qui rend par exemple possible de se débarrasser de croyances limitantes, inappropriées, contraires à une dynamique de succès.

C’est par la manipulation de l'énergie psychique inhérente à l’intention que la force de celle-ci, soutenue par la motivation, augmente la sensibilité et la réceptivité à des situations et circonstances opportunes, comme la survenue d’événements pouvant faciliter la concrétisation de ce qui est recherché. 

La magie a cette sale manie de prendre le chemin le plus court, autrement dit, le chemin le plus praticable pour exaucer les souhaits, à l'instar d'un "génie de la lampe" qui prendrait ce que vous voulez au premier degré. Admettons qu'il s'agisse d'acquérir de la richesse matérielle, que vous grattiez plein d'espoir un de ces cartons acheté chez votre buraliste et que cela ne donne rien, la magie s'efforcera tout de même de vous donner satisfaction, par une augmentation de salaire, une proposition de travail plus avantageuse, mais aussi par le décès d'une tante à héritage qui vous aurait couché sur son testament à votre grande surprise. Mais cela peut aussi consister en une prime de licenciement assise sur des années de bons et loyaux services. La légende du Roi Midas qui voulut que tout ce qu'il touche devînt de l'or est un exemple de ce que les désirs ardents doivent être modérés avant d'en prier les dieux. 

(extrait de "La Magie Du Chaos - Anthologie" -  Marc-Louis Questin)

 

Si l’approche psychologique de la magie du chaos revêt de l’importance en regard des effets que sa pratique produit sur le psychisme de l’opérateur, il est intéressant de distinguer quatre contextes cognitifs qui orientent cette pratique. Il s’agit de quatre conceptions de base, ou "paradigmes", sur lesquels se fonde la pratique : spirituel, énergétique, psychologique, informationnel.

  • Le paradigme spirituel considère que le magiste convoque des entités surnaturelles, anges, démons, esprits divers, personnes décédées. Dans certaines traditions, animistes et païennes notamment, il peut s’agir d’esprits animaux, de plantes revêtues de pouvoirs particuliers qui élèvent celles-ci au rang de déités, que ces plantes guérisseuses soient ou non vénéneuses. L’usage des plantes enthéogènes (1) dont nombre sont des poisons violents à forte dose (i.e. datura) peut aider à se connecter à ces entités ou esprits.
  • Le paradigme énergétique s’appuie sur une conception de l’univers comme un tout constitué d’énergie qu’il est possible d’exploiter, capter, canaliser, diriger, en vue d’obtenir des effets tangibles sur la nature des choses et les événements. Dans cette approche, les cristaux sont des accessoires de choix, les plantes aussi et également tout objet supposé diffuser une énergie.
  • Le paradigme psychologique s’appuie sur la manipulation de l’inconscient, tenu pour être un réservoir d’informations, représentations et images mentales qui façonnent notre manière d’appréhender le monde et déterminent notre façon de nous adapter à notre environnement. C’est donc ici en exploitant la force des pulsions inconscientes en y associant des messages en provenance du moi conscient altéré par la méditation, l’hypnose, la visualisation, qu’il devient possible de changer la réalité, et pourquoi pas le réel.
  • Le paradigme informationnel se fonde sur la manipulation d’informations et systèmes d’information en vue de produire des effets tangibles sur la réalité et les événements. Rien de très « magique » en apparence, à moins de prendre conscience des effets puissants de la publicité, de la propagande, sur le comportement des masses populaires. La maîtrise des technologies de réseau, de l’information et de la communication, constitue la base de ce qu’on peut appeler aujourd’hui « technomagie » et « technochamanisme ». Nécessité est de rappeler qu’il est devenu banal de provoquer des comportements attendus en manipulant l’inconscient par de l’information ainsi que l’usage d'outils qui étaient beaucoup moins développés en des périodes antérieures de l’histoire qu’ils ne le sont à ce jour :
    • Persuasion subliminale : il s'agit d'un message qui est présenté de manière tellement subtile qu'il n'est pas consciemment perçu. Ces messages subliminaux peuvent être présentés sous forme de sons, d'images ou de mots présentés de manière rapide et/ou discrète, dans un clip vidéo par exemple. On remarquera ici que la persuasion subliminale court-circuite le processus d'introspection. Le procédé consistant à poser une question semi-fermée contenant deux alternatives peut être donné comme de la persuasion subliminale. Ce type de formulation se présentant comme suit, "Vous pensez que ... ou bien vous considérez que ...", vise à enfermer la personne questionnée dans un cadre aux probabilités restreintes. Ce procédé qui vise à contraindre à un seul choix limite le déploiement de la réflexion et fonctionne factuellement dans un grand nombre de cas. 
    • Suggestion hypnotique est une technique qui utilise la relaxation et la focalisation pour amener une personne à un état de conscience modifié pour la rendre davantage réceptive aux suggestions. La sophologie, par exemple, recourt à ce procédé. Ici encore, l'introspection n'est pas réellement sollicitée, bien que dans le cas de la sophrologie, de thérapies cognitives ou comportementales, il y a engagement de la part de la personne à qui s'adressent les suggestions. 
    • Programmation Neuro-Linguistique (PNL), utilise des mots, des images, des mouvements et des sensations pour influencer les croyances et les comportements d'une personne. Les techniques d'influence mises en œuvre par la PNL - dans le cas de son utilisation en thérapie - le sont généralement moyennant l'engagement de la personne et offrent à cette dernière le loisir d'effectuer une introspection lui permettant de juger de la qualité et de l'adaptation de ses croyances et de ses comportements en regard des succès ou des échecs qu'elle obtient dans la conduite de sa vie. Toutefois, les techniques de PNL peuvent être déployée sans l'accord explicite des personnes cibles, notamment dans la vente, autrement dit, convaincre, sinon contraindre, quelqu'un d'acheter un produit.  
    • La manipulation émotionnelle cible les émotions et les sentiments d'une personne pour l'amener à prendre une décision ou à agir d'une certaine manière. L’usage de la dissonance cognitive est un exemple intéressant ; il s'agit de provoquer chez un individu des cognitions inconsistantes, incohérentes et/ou contradictoires qui déstabilisent son l'équilibre psychologique. Il se trouve ainsi contraint de réaménager ses représentations, ce qui peut l'amener à un changement de comportement ainsi qu’il en est de l’apparence des paquets de cigarettes et de tabac à rouler ou de messages contradictoires amenant les consommateurs à éprouver l'incohérence de leur comportement lorsqu'ils acquièrent un produit qu'ils désirent cependant qu'il leur est signifié que celui-ci leur est (potentiellement) nuisible. La "paradoxe de la viande" en est un exemple très éloquent : les gens mangent des animaux abattus dans des conditions parfois horribles, mais doivent tempérer le dégoût ou la tristesse que ce fait leur inspire afin de réduire leur dissonance, retrouver un certain confort cognitif, en s'appuyant sur des cognitions telles "il est normal de manger de la viande", "les animaux se mangent aussi entre eux", "l'élevage et l'abattage tiennent de plus en plus compte du bien-être animal", etc... La dissonance cognitive provoque l'introspection, non sans violence parfois. L'état de dissonance n'entraîne pas nécessairement un changement de point de vue, ni par là, de comportement, mais le procédé reste très puissant et a pour conséquence un coût substantiel en énergie psychique. 

La suggestion (et l'auto-suggestion) hypnotique et les techniques PNL apparaissent particulièrement appropriées pour parvenir à l'état de gnose durant lequel s'effectue le transfert, dans l'inconscient de l'opérateur, de l'énergie liée à l'intention ayant motivé l'opération magique. Ces techniques sont le plus souvent associées à la visualisation qui leur apporte un remarquable complément dans la mesure où elle est de nature à soulever des émotions et produire de forts sentiments contribuant à atteindre l'état altéré de conscience qu'Allan Moore nomme "gnose". 

À propos de l’inconscient

C'est durant cette période de transition d'entre le XIXᵉ et le XXᵉ siècle que des chercheurs issus d'horizons très variés cheminaient sur la voie d'un inconscient dont la découverte stimulait toutes sortes de spéculations, parmi lesquelles celle considérant que celui-ci était le siège d'objets psychiques en mesure d’affecter la perception de la réalité voire du réel lui-même. Penseurs de plus en plus nombreux, philosophes, psychologues mais aussi (et à fortiori) occultistes commençaient à tenir la « réalité » pour une construction cognitive très largement formatée par le social, une illusion perceptive propre à satisfaire le conformisme des masses populaires attendu par les classes dirigeantes. Une façon plus moderne encore de le dire est que la réalité est le produit d’un fonctionnement cognitif géré par un logiciel idéologique chargé d’assurer le maintien des conduites et de la désirabilité sociales.

Austin Osman Spare
Austin Osman Spare

Les travaux de l'artiste et magiste Austin Osman Spare (1886 - 1956) témoignent du cheminement dans la compréhension de cet inconscient et de son fonctionnement dans ses rapports avec l'imaginaire, le désir et la volonté. Dépouillée de ses accents et références plus ou moins ésotériques, il semble demeurer des écrits de A.O. Spare une architecture beaucoup moins alambiquée et une pensée autrement moins labyrinthique permettant de donner une description finalement plus pragmatique du processus par lequel la magie opère ; il s'agit de faire passer dans l'inconscient un message fort, et de le faire dans un état altéré de la conscience, proche de la transe. Ainsi, dans cet état, beaucoup de résistances, de doutes ou autres blocages sont levés ou empêchés d'entraver la croyance en l'efficacité du procédé consistant ici à imprégner les strates les plus inconscientes de notre psyché avec l'idée que le désir inscrit dans le message trouvera son accomplissement dans la réalité, mieux, dans le réel.

Les états névrotiques se constituent probablement de cette façon. Le refoulement d’un désir coupable, d’un souhait, d’une idée pénible (représentation) produite par une situation intolérable suscite une émotion intense qui peut aller jusqu’à déconnecter la conscience (le Moi) de la réalité ordinaire ainsi que de tout raisonnement relevant de la logique cartésienne et consensuelle d’un point de vue social. L’image mentale de ce qui est vécu est alors projetée dans l'inconscient avec une puissance qui défie la solidité de la barrière (« censure » selon S. Freud) qui le met à l'écart de toute communication (intelligible) avec la conscience, suite à quoi la barrière se reconstitue, assez rapidement dans la plupart des cas. Le moi conscient se sent alors protégé du retour de ce qui a été refoulé, mais qui dans tous les cas affectera la réalité perçue et vécue du fait que le refoulé a vocation à revenir à la conscience, ce qui active des mécanismes, coûteux en énergie psychique, visant à l’en empêcher. Il s’ajoute à cela que l’affect associé à une représentation pénible, par ailleurs cause de cet affect, n’est pas refoulé et va être associé (par un mécanisme de défense psychique nommé "déplacement") à un autre objet plus ou moins allégorique de la situation princeps, mais suffisamment éloigné des contenus directement liés à cette situation anxiogène. Il suit que les véritables raisons d’un comportement phobique deviennent obscures, et le comportement en question d’apparence très singulière (i.e. les troubles obsessionnels compulsifs).

Sigmund Freud
Sigmund Freud

« ... nos observations nous ont montré de façon certaine que la force psychique et physique d'un souhait est bien plus grande quand il baigne dans l'inconscient que lorsqu'il s'impose à la conscience. On le comprendra si l'on songe qu'un souhait inconscient est soustrait à toute influence ; les aspirations opposées n'ont pas de prise sur lui. Au contraire, un souhait conscient peut être influencé par tous les autres phénomènes conscients qui s'opposent à lui. »


(Sigmund FREUD, "Cinq leçons sur la psychanalyse" - 1910)

 

Chapitre 2 : Les outils de la magie du chaos

Les sigils sont parmi les outils les plus emblématiques dans la pratique de la magie du chaos. Ils sont utilisés pour concentrer et absorber l'énergie produite par l'intention. La création d'un sigil est un processus simple qui cependant requiert beaucoup de concentration pour être efficace.

Création de sigil 

[1]

bulleVerbaliser très clairement le désir à exaucer, l’objectif à atteindre. Il est important que la phrase soit spécifique et la plus concise possible, rédigée en lettres capitales. Exemple : MA SANTÉ EST EXCELLENTE

 

[2]

verbalÉliminer les lettres redondantes de la phrase pour ne conserver que les lettres uniques.

On peut aussi ne conserver que les consonnes.

[3]

Organiser les lettres restantes pour créer un graphisme abstrus, obscur, hermétique, dont la vue ne révèle rien d’autre que son apparence énigmatique. Ce graphisme, symbole ou motif, est unique, personnel, car il est dévolu à être chargé du désir de son créateur.

 

[4]

concentrationSe concentrer sur le sigil en visualisant son désir (ou objectif).

[5]

gnoseUser de moyens divers pour entrer dans un état altéré de conscience le plus proche de la transe en fixant le regard sur le sigil, jusquà faire pleurer les yeux tout en supportant la sensation le plus possible. Finir par jeter un cri ou un rire en visualisant une énergie qui en jaillit et se disperse dans le cosmos.

[6]

fouLes sigils n’ayant pas vocation à être montrés à d'autres personnes, il est donc préférable de les détruire après utilisation pour favoriser l'oubli ("oblivion").

 

Destruction de sigil : exemples 

  • Brûler le sigil est la méthode la plus courante pour le détruire. Il suffit de le brûler dans un endroit sûr, en se concentrant sur l'intention qui a chargé le sigil en énergie. On admet que la combustion provoque la diffusion de cette énergie dans le cosmos (pris au sens d’ « astral » chez les magiciens "tradis"). 
  • Précipiter le sigil dans l’eau d’un fleuve et le laisser s'éloigner avec le courant, l'enterrer au pied d'un arbre, le dissoudre dans une solution chimique ... 

Ces procédés de destruction doivent être utilisés dans un endroit sûr et respecter les règles de sécurité. Il est important de se concentrer sur l'énergie et l'intention transmises au sigil lors de sa destruction. La destruction immédiate du sigil n'est pas obligatoire, elle est simplement considérée comme favorisant l'oubli de l'objectif ayant motivé sa création.

Oblivion

oblivionL'oubli est un concept clef de la magie du chaos. Oublier la forme du sigil, ne plus penser à l’opération, sont des conditions pour que l'énergie et l'intention concentrées dans le sigil continuent à agir sur la réalité. Continuer à se concentrer sur le sigil et sur l'objectif peut limiter le déploiement de l'énergie. En détruisant physiquement le sigil et n’y plus penser, on libère l'énergie pour qu'elle continue à agir de manière autonome. Cela permet également de ne pas s'encombrer avec les doutes et les incertitudes qui peuvent survenir.

Visualisation - Méditation

La méditation permet de calmer l'esprit et accroître la conscience de soi-même et de ses pensées. Cela aide les praticiens à accéder à leurs propres croyances, peurs et désirs inconscients, ce qui leur permet de les utiliser pour changer leur réalité. La méditation peut également aider les praticiens à devenir plus conscients de leur énergie psychique et à mieux la contrôler. On comprendra l'intérêt de cette technique pour la formulation de désirs appropriés et pertinents. 

La visualisation est une technique similaire à la méditation, elle permet aux praticiens de se concentrer sur une image ou une idée spécifique pour l'intégrer dans leur réalité. Cela peut inclure la visualisation d'un objectif ou d'un résultat souhaité, ou la visualisation d'une situation pour laquelle on souhaite être préparé. La visualisation consiste à l’attention sur un objectif précis et à augmenter la confiance et la détermination pour atteindre cet objectif.

Utilisation de la magie du chaos dans la vie quotidienne

  • confiance en soi
  • objectifs professionnels
  • relations
  • santé 
  • créativité 
  • abondance 
  • ... (ce qu'on voudra) 

 

émile couéPour se conditionner à quelque état d'esprit propice au mieux-être il existait la méthode développée par le très célèbre psychologue et pharmacien Émile Coué de la Châtaigneraie (1857 - 1926) consistant à exercer un pouvoir sur l'état de santé grâce au recours à l'imagination. La méthode qui porte son nom visait une « maîtrise de soi par l'autosuggestion » et consistait alors à répéter vingt fois le matin et pareillement le soir la phrase (magique ?) : « Chaque jour et à tous points de vue, je vais de mieux en mieux. » L' « effet placebo » venait alors d'être mis en évidence du fait des résultats encourageants obtenus auprès de patients malades, physiquement ou psychologiquement.

Dans sa première topique du psychisme, Sigmund Freud avait conceptualisé une barrière filtrant les échanges d'information entre ses parties consciente et inconsciente. Il avait en outre identifié la fonction de censure que cette barrière exerçait. Celle-ci devient plus poreuse pendant le rêve ; la voie entre l’abîme de la psyché et la réalité perçue est ouverte. Freud décrivait une barrière que des images mentales pénibles et refoulées depuis le conscient, pouvaient forcer dans le sens inverse, en direction de la conscience. C'est ce qui se passe pendant l'activité onirique. Mais il convient de préciser que les scènes refoulées se présentent alors fréquemment de manière tellement travestie que le rêveur n'y voit, à son réveil, du fait du travail de la censure, que des scénarios peu compréhensibles, rocambolesques, extravagants jusqu'à l'incohérence ; ainsi, le rêveur n'éprouve pas l'anxiété occasionnée par la représentation initiale, source de cette anxiété. Ce type de rêve signalait pour S. Freud la tentative du refoulé de revenir à l'actualité consciente, et c'est la raison pour laquelle il leur accordait de l'importance et s'attachait à développer l'interprétation du récit qu'en faisaient ses patients pour les amener à résoudre leurs conflits psychiques. 

 

Chapitre 3 : pratique de la magie du chaos

Le rituel en magie du chaos

Il s'agit essentiellement de répétitions, de postures, de gestes, de paroles.

Les rituels ont largement recours à la gestualité et aux invocations de toutes sortes pour contraindre la conscience à migrer vers un autre espace/temps. Comment en effet les mages de l’Antiquité, du Moyen Âge et de la Renaissance eussent-ils pu croire s’entretenir avec des entités surnaturelles sans que leur état de conscience ne fût altéré par quelque moyen mis en œuvre pour cela ?

Les rituels sont des protocoles souvent complexes et récurrents en magie cérémonielle. Parmi les étapes de ces protocoles se trouve celle du « bannissement » qui ouvre et clôt l’opération proprement dite. Le bannissement, synonyme d’exclusion, de rejet, était préconisé par les mages traditionnels pour chasser les entités négatives. Le bannissement initial avait pour fonction la mise en place d’une frontière entre le monde de la réalité ordinaire et celui de l’opération magique de sorte que ce monde-là permette aux entités invoquées de se manifester. 

importantBien que l'immense majorité d'entre-nous n'ayons pas conscience ni de point de vue particulier à cet égard, nos codes sociaux recourent néanmoins au bannissement sans que nous nous en rendions réellement compte. Le bannissement se fait souvent de manière tout à la fois automatique bien que souvent organisée aussi, par l’usage de codes partagés, dans des situations qui n’ont apparemment rien de très magique ; chacun d’entre nous vit des temps juxtaposés dans lesquels on entre et on sort, par des mots tels "bonjour", "salut", "au revoir", "à bientôt", "ça suffit !" etc..., avec plus ou moins de facilité toutefois, au point que si le bannissement n’est pas pratiqué d’une manière ou d’une autre, la frontière entre ces temps de nature différente (exemples : famille/travail – vie sociale/vie privée – passé/présent…) se dissout au risque de faire s’interpénétrer des univers différents, de nous exposer à des difficultés liées à la confusion des temps, des rôles, susciter égarements et pertes de contrôle, surtout quand la dissolution de ces frontières est étrangère à la volonté. Se préparer le matin avant de se rendre sur le lieu de travail, à une soirée, ne sont ni plus, ni moins, que des rituels de bannissement dont la fonction est de préparer le passage d'un espace/temps à un autre. 

La mise en place d'un rituel en magie du chaos est un processus qui peut varier considérablement d'un pratiquant à l'autre. Cependant, il y a quelques étapes de base communes à tous les rituels, tout particulièrement l'entrée et la sortie de l'opération magique, soit, le bannissement. Et s'il ne devait subsister qu'une chose dans un protocole hyper simplifié, ce serait à l'évidence celui-là. Que la pratique de la magie se conduise en solitaire ou en groupe, il est important, et même recommandé de procéder à une opération en y entrant par un banissement et en sortir par un autre. Y entrer peut se faire en frappant sur un gong, en allumant une bougie qui sera éteinte en forme de bannissement de sortie, en frappant une seconde fois le gong (ou les deux à la fois : gong/bougie - bougie/gong), en se dénudant totalement pour se revêtir ensuite, ou en combinant tout cela en évitant toutefois de trop en faire en ce que les rituels chaotes voient leur puissance se dégrader si on les complique !

Qu’il s’agisse d’attirer l'argent, l'amour, réussir un entretien de sélection, gagner un procès, réaliser un projet professionnel ou tout autre chose de moindre complexité, et dans tous les cas néanmoins, des symboles, des invocations et autres outils mis en œuvre dans le rituel pourront être choisis en fonction des analogies qu’ils présentent relativement à la nature des expectations. Ces symboles peuvent être des images, des mots, des objets, des couleurs, des végétaux, toutes sortes d’éléments analogiquement liés par des correspondances telles que répertoriées dans les vieux grimoires de magie traditionnelle, lesquelles toutefois viennent aisément sous le sens. On en trouvera en annexe de cet ouvrage.

Gnose

La définition qu'en a formulé Alan Moore diffère assez radicalement de l''acception qu'en donne le dictionnaire français. Il s'agit ici d'un état altéré de la conscience, proche voire comparable à la transe, dans lequel il n'existe aucune pensée discursive, voisin de l'état de transport, d'exaltation. C'est l'état que doit atteindre le magicien du chaos pour projeter le sigil dans son inconscient psychique. Cet état altéré de la conscience est celui dans lequel la barrière entre conscient et inconscient est momentanément dissoute. 

La répétition de formules, d’affirmations, de mantras, est un moyen d’altérer, dissoudre, la frontière entre conscient et inconscient. La danse frénétique rythmée par des percussions et/ou de la musique électronique, la contemplation extatique d'une image allégorique, d'une idée, sont parmi les moyens d'atteindre cet état lors duquel la conscience se vide de toute information sauf celle provenant du focus choisi. La douleur, l'excitation sexuelle, l'usage de psychotropes, de substances hallucinogènes, peu importe. Le praticien choisit ce qui lui convient le mieux et peut combiner ces techniques entre elles, se masturber et s'infliger des douleurs corporelles au son de percussions chamaniques dans son occultum où flotte la fumée d'un encens puissant. 

La PNL (Programmation Neuro-Linguistique) évoquée plus haut recourt à la technique d' "ancrage". Celle-ci associe une cognition à une autre afin de déclencher un état-ressource, lequel est choisi parmi les expériences vécues comme très positives dans un passé plus ou moins proche ou lointain. Ainsi, on peut associer une sensation, olfactive comme une odeur ou un parfum particulier, à la visualisation d'une expérience lors de laquelle on s'est senti très motivé, plein d'énergie, amoureux, que sais-je... et de se concentrer jusqu'à éprouver les émotions et les sentiments agréables auxquels elle a donné lieu. La sensation choisie constitue l' "ancre" proprement dite, et l'expérience tient ici lieu d'état-ressource. Cette sensation sera l'inducteur de l'état mental recherché ; il peut s'agir d'une pression sur un endroit du corps, d'une musique, de percussions, de la concentration sur une figure, l'idole d'une divinité, d'un héros de bande dessinée. Autant choisir cette ancre dans un registre analogique au désir que l'on veut voir se réaliser. Lorsque ce procédé est pratiqué correctement, répété une paire de fois pour l'installer comme processus mental, chaque fois que l'ancre sera activée, notre mental va retrouver l'état de motivation ou d'énergie, ou les deux à la fois, ressentis lors de l'expérience visualisée. Cette technique peut être utilisée pour enclencher la phase de gnose. 

fun factPour se sentir en sécurité dans l'espace où le rituel est pratiqué, les mages médiévaux et de la renaissance traçaient un cercle, le fameux « cercle magique », à l’intérieur duquel ils se tenaient durant toute l’opération. Le cercle symbolise le monde en réduction sur lequel s’exerce la volonté du mage. Un magicien du chaos qui agit sur son monde intérieur peut ne pas éprouver la nécessité de tracer un cercle, bien que cela puisse intéresser d’autres praticiens. Le soutien et le renforcement de l’énergie que l’intention va imbiber peut se passer d’artefacts et de mise en scène. C’est l’opérateur qui décide d’élaborer un contexte ou d’en faire l’économie.

Atteindre des objectifs précis

Pour atteindre des objectifs précis, les praticiens doivent l’être aussi dans la verbalisation de ce qu'ils souhaitent voir se produire. Ils peuvent volontiers recourir à des visualisations consistant à se représenter mentalement l'objectif déjà atteint, répéter des affirmations positives pour renforcer la confiance en soi et la détermination à obtenir ou accomplir ce qui est désiré. Bien que les rituels et les invocations ne soient pas indispensables en magie du chaos, ils peuvent néanmoins aider à soutenir l’intention et la volonté d’influencer le cours des choses et favoriser les concours de circonstances pour qu’ils soient propices à l’accomplissement de ce qui est voulu.

dangerN.B. : Réunir des objets en relation avec les quatre éléments, feu, terre, air et eau, lesquels le sont avec les quatre points cardinaux, feu/sud, terre/nord, air/est et eau/ouest apportera une structure à l’opération magique, l’idée étant de symboliser une totalité par et dans laquelle se diffusera l’énergie psychique du magiste, dans tous les aspects de la matière ainsi que les points cardinaux autour de l’axe du monde.

Mais de mettre en œuvre des symboles et autres emblèmes ou allégories manifestant des analogies avec l'objectif visé et les utiliser lors d’un rituel pour accumuler plus d’énergie et augmenter la puissance de l’opération, doit être envisagé avec précaution. Si la pratique de la magie demande une volonté et une détermination très solides et consistantes, il convient alors de s’interroger sur ce choix en ce qu’il peut dissimuler de l’incertitude, du doute, à vouloir se garantir de leurs effets néfastes sur la volonté. 

Il est important de rappeler que la magie du chaos repose sur l'idée que la réalité est subjective et que l'on peut la changer en utilisant sa propre volonté. Il est impératif de comprendre que les rituels et les invocations peuvent avoir des conséquences imprévues et de ne pas prendre à la légère quelque pratique magique qu’elle soit. Le béotien frivole qui prendrait la magie pour un bricolage ludique s’expose à des ennuis parmi lesquels des dommages à son équilibre psychique parce que la magie fonctionne, n’en déplaise aux sceptiques et autres zététiciens qui la considèrent comme telle sans en avoir expérimenté la pratique. Quant aux dommages causés à autrui, motivés par l’envie de se se constituer en justicier ou se faire justice soi-même dans un souci de réparation, il s’agit d’une question éthique laissée à la discrétion de l’opérateur.


Chapitre 4 : La magie du chaos dans les différentes cultures

Les racines de la magie du chaos dans les différentes traditions magiques

Les racines de la magie du chaos existent dans différentes traditions magiques, telles que l'occultisme, la sorcellerie, la théurgie, la goétie, la magie des énergies, etc. Ces traditions ont toutes en commun leur origine principalement occidentale, l’utilisation de la volonté pour influencer les événements, la croyance que la réalité est subjective et qu'il est possible de la changer. La magie du chaos a également des racines dans des traditions païennes qui remontent à l'antiquité.

Il est remarquable que la magie du chaos se distingue assez radicalement de tout ce qui relève de traditions établies dans lesquelles elle possède néanmoins des racines étant donné son caractère individualiste, dissident et libertaire, peu compatible avec la soumission à l’autorité, en dépit d’une tendance régressive chez certains adeptes à recréer des « ordres magiques » n’ayant rien d’anarchique.

La magie du chaos dans les différentes cultures contemporaines

Dans les îles Britanniques et en Amérique du Nord, la magie du chaos est souvent associée à la culture punk et à l'individualisme. En Europe, elle est volontiers associée à l'occultisme et à la sorcellerie. La magie du chaos vient d’un courant occultiste essentiellement occidental dont on ne trouve rien de comparable en Asie. C’est surtout parmi les mouvements subculturels et contre-culturels que s’est développé l’intérêt pour la magie chaotique, comme le punk, le gothique, la science-fiction et les collectifs de magistes alternatifs issus de ceux-ci.

La magie du chaos dans les différentes cultures en ligne

Les communautés en ligne de praticiens de la magie du chaos existent dans des forums, des blogs, des réseaux sociaux, etc. Ces communautés sont des lieux de rencontre, de partage d'idées et d’informations sur différentes techniques.

Liste de sites web qui traitent de magie du chaos, offrent des articles, proposent des livres électroniques, des forums et des outils pour les praticiens :

 

La liste proposée est loin d’être exhaustive.

 

1Psychotrope qui induit un état modifié de conscience

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